Société John Howard de Peterborough

Guérir de l’intérieur

Guérir de l’intérieur

Le programme Guérir de l’intérieur aide les hommes à guérir des effets de l’abus sexuel.

En vue de reconnaître la réalité de l’abus sexuel et de répondre aux traumatismes des survivants (ainsi qu’à l’impact subi par la société), il est important d’avoir une définition large de l’abus sexuel ainsi qu’une perspective plus complète sur les contrevenants et les survivants.

L’abus sexuel constitue tout comportement qui tend à miner l’identité sexuelle d’une personne et porter atteinte à sa sécurité lors de rapports sexuels. L’abus sexuel inclut non seulement des actes criminels, mais également des actes sexuels dissimulés (qui sont rarement reconnus, tant par les tribunaux que par la population en général). À titre d’exemple, signalons notamment les commentaires désobligeants de nature sexuelle, les regards concupiscents, l’exposition à de l’information ou à des images sexuelles inappropriées pour l’âge de la personne, ou l’absence d’information appropriée. Qu’ils mènent ou non à des accusations criminelles, qu’ils soient volontaires ou pas, ces gestes et situations peuvent tout de même causer des traumatismes de longue durée chez les victimes.

Les victimes et les contrevenants sont de plus en plus perçus comme appartenant à une vaste gamme d’individus. Alors que l’on croyait autrefois que les femmes constituaient la plus grande part des survivants, des études récentes indiquent que les nombres de divergent pas autant que l’on avait estimé et que l’abus sexuel des hommes de tout âge n’est pas rare.

Statistiques
Prises au pied de la lettre, les statistiques peuvent semer la confusion : des commentaires tels que « la majorité des victimes sont des femmes » peuvent minimiser l’ampleur de la victimisation des hommes ; ou encore, en affirmant que « les délinquants sont en majorité des hommes », on risque de ne pas prendre en compte les délinquantes. Les statistiques sont certes utiles, mais secondaires par rapport au fait que des personnes innocentes sont abusées, traumatisées et qu’elles ont besoin de guérison.

Mythes au sujet de l’abus sexuel des hommes
Les garçons et les hommes ne peuvent pas être des victimes.
Ce mythe, transmis à travers la socialisation masculine et parfois qualifié de « machisme », affirme que les hommes, même les jeunes garçons, ne sont pas censés être victimes, ou même vulnérables. Nous apprenons, très jeunes, que les hommes devraient pouvoir se protéger eux-mêmes. En réalité, les garçons sont des enfants, plus faibles et vulnérables que leurs prédateurs, et ils ne peuvent pas réellement se défendre. Pourquoi ? Le prédateur est plus costaud, plus fort et plus informé. Ce pouvoir, exercé depuis une position d’autorité, fait usage de ressources telles que l’argent et d’autres moyens de corruption ou de menaces, de sorte que tous les motifs servent pour pouvoir utiliser un enfant à des fins sexuelles.

La plupart des cas d’abus sexuel à l’égard des garçons sont perpétrés par des hommes homosexuels.
Les pédophiles qui abusent des garçons n’expriment pas une orientation homosexuelle. Il en va de même pour les pédophiles qui molestent les filles, ce qui ne correspond pas pour autant à un comportement hétérosexuel. Alors que de nombreux agresseurs d’enfants manifestent des préférences en matière de sexe et d’âge, la grande majorité de ceux qui ciblent les garçons ne sont pas homosexuels. Ils sont pédophiles.

Les garçons sont moins traumatisés par l’abus que les filles.
Alors que certaines études ont révélé que les garçons sont moins profondément affectés, de nombreuses études révèlent par ailleurs que les effets à long terme sont fort nuisibles aux deux sexes. Les hommes courent le risque d’être plus marqués par le stigmate social ou la tendance à rejeter leur victimisation et d’être ainsi convaincus qu’ils doivent « tenir bon et endurer » en silence.

Si le prédateur est une femme, le garçon ou l’adolescent devrait se considérer heureux d’avoir été initié à une sexualité hétérosexuelle.
En réalité, la sexualité précoce ou forcée, qu’il s’agisse d’une mère, d’une tante, d’une grande sœur, d’une nounou ou d’une autre femme en position de pouvoir sur le garçon, engendre la confusion dans le meilleur des cas, et la rage, la dépression et d’autre problèmes dans les circonstances plus négatives. Le fait d’être utilisé comme un objet sexuel par une personne plus puissante, qu’elle soit homme ou femme, est toujours abusif et souvent dommageable.

LE FAIT DE CROIRE À CES MYTHES EST DANGEREUX ET DOMMAGEABLE
Le fait de continuer de croire à ces mythes et de les perpétuer auprès des enfants dès leur plus jeune âge a pour effet de priver les hommes qui ont été abusés sexuellement de la reconnaissance et de l’aide dont ils ont besoin. Plus cette condition perdure, plus les hommes qui ont été abusés sexuellement grandiront les rangs de cette minorité de survivants qui perpétue cette souffrance par l’abus des autres. Jusqu’à ce que les garçons et les hommes qui ont été abusés sexuellement aient cessé de croire à ces mythes, ils se sentiront déshonorés et en colère.

Le fait que les hommes qui ont été abusés sexuellement continuent à croire à ces mythes renforce le pouvoir d’un autre mythe dévastateur, celui auquel tous les enfants abusés sont confrontés, c’est-à-dire qu’ils sont responsables de leur agression. Les situations sexuelles impliquant un enfant ne peuvent jamais être causées par l’enfant. Or, les prédateurs peuvent se montrer habiles à rendre ces mythes crédibles aux yeux de leurs victimes, afin qu’elles assument la responsabilité qu’elles finissent toujours par endosser. Pour tout garçon ou tout homme ayant été abusé sexuellement, le fait de se libérer de ces mythes constitue une part essentielle du processus de récupération.

« Environ un garçon sur six a été abusé sexuellement avant l’âge de seize ans ». Lynne MacDonnel-PPO Sensibilisation aux problèmes d’abus sexuels

Nous pouvons aider
II est clair que l’abus sexuel des enfants a des conséquences potentiellement significatives de longue durée sur leur santé mentale et physique. La victime d’abus sexuel pendant l’enfance accèdera aux services de santé plus fréquemment que ses pairs qui n’ont pas subi d’abus, manifestera des niveaux variés de dépression et d’anxiété et aura du mal à entretenir des relations. Tous ces problèmes sont exacerbés si le soutien adéquat fait défaut, au moment où ils choisissent de se révéler. La gravité des conséquences est en partie directement reliée au niveau de soutien disponible. Ce niveau de soutien devient d’autant plus critique que les hommes éprouvent plus de difficultés à se révéler que les femmes.

Pour plus de renseignements
Veuillez joindre la Société John Howard :
Barb Bird
Thérapeute
t : 705 743-8331, poste 205
c : bbird@jhsptbo.com